Techniques de pavage

Sans entrer dans tous les détails techniques comme par exemple la granulométrie et la propreté idéale d’un sable pour lit de pose, il convient pour assurer la pérennité d’un ouvrage en pavés ou dalles, de respecter quelques principes de base dans la technique de pavage.

Ces règles, reprises notamment dans la norme NF EN 98-335 – qui traite de « la mise en œuvre des pavés et dalles en béton, des pavés en terre cuite et des pavés et dalles en pierre naturelle », peuvent être rangées en deux catégories qui correspondent aux sollicitations des voiries.

 

Efforts verticaux sur le pavage

Dans le premier cas, deux principaux principes s’imposent :

La cohérence globale dans la structure de chaussée

En terme de rigidité et de souplesse, elle est illustrée par le tableau suivant (Norme NF EN 98-335, annexe E, tableau 3)

Compatibilité assises, mode de pose, jointement
Assises Nature du lit de pose Type de joint
Souples (non traitées) Sable 3) Joints souples (sables, sables stabilisés, produits bitumeux, etc., joints rigides interdits)
Bitumineuses épaisses (déflexion < 50/100 mm)Semi-rigides ou mixtes (déflexion < 40/100 mm)Rigides (déflexion < 15/100 mm) Sable 3) Joints souples (sables, sables stabilisés, produits bitumeux, etc., joints rigides interdits)
Mortier ou béton traditionnel Mortier (hydraulique ou organique) ou mastic bitumineux
Mortier ou béton spécial, organique ou mixte Mortier spécial de jointement
1) Le trafic à prendre en compte est fonction de la largeur de la chaussée, si L < 5 m 100% du trafic des deux sens (MJA : moyenne journalière annuelle), si 5 < L < 6 m 75% et si L > 6 m 50%2) L’appareillage  retenu devra lutter efficacement contre les efforts de trafic (joints rompus, arceaux, chevrons, emplois d’éléments autobloquants, etc.).3) Ou sable stabilisé en cas de forte pente ou de techniques de nettoyages agressives, ou gravillons pour des revêtement en pavés drainants.4) Une étude de conception particulière doit justifier le choix des produits modulaires. Elle précise notamment les appareillages, les blocages de rive et les blocages longitudinaux, la vérification de dimensionnement des produits, les conditions de drainage, les conditions d’exploitation, etc. Elle atteste de la cohérence et la qualité du système global (assises, lit de pose, revêtements, conditions d’exécution) et définit le processus qualité de la mise en oeuvre).5) Une étude de conception particulière doit justifier le choix des produits modulaires. Elle précise notamment les appareillages, les blocages de rive et les blocages longitudinaux, la vérification de dimensionnement des produits, les conditions de drainage, les conditions d’exploitation, la pertinence de l’emploi de mortiers ou bétons spéciaux en lit de pose et en jointement, etc. Elle atteste de la cohérence et la qualité du système global (assises, lit de pose, revêtements, conditions d’exécution) et définit le processus qualité de la mise en oeuvre).6) Charge de rupture caractéristique minimale : 25 kN (classe U25
Souples (non traitées)
ou
Bitumeuses (GB 2 et GB 3)
Sable (*)
Gravette
Gravillons
Joints souples (sables, sables stabilisés, terre fine sableuse, produits bitumineux, etc.)
Joints rigides interdits
Bitumineuses épaisses (GB 4 et EME 2)
ou
Semi-rigides (Grave Ciment)
ou
Mixtes (GB-GC)
ou
Rigides (Béton)
Sable (*)
Gravette
Gravillons
Joints souples (sables, sables stabilisés, terre fine sableuse, produits bitumineux, etc.)
Joints rigides interdits
 Mortier traditionnel Mortier (hydraulique ou organique) ou mastic bitumineux
Mortier spécial, organique ou mixte Mortier spécial de jointement

 

Ce principe peut être imagé par la rupture immédiate et avec peu d’effort d’une plaque de verre sur un matelas, alors qu’elle résistera sur une planche de bois.

La qualité du profil en travers

Le profil en travers assure la diffusion des efforts dans la structure ou dans les rives de la voirie.

Il sera par exemple conseillé d’avoir un profil en travers parabolique pour une chaussée souple.
En effet, pour limiter le caractère poinçonnant du pavé sollicité par la circulation sur la couche de fondation, on tentera (comme pour les voutes d’ogives des églises gothiques) de transmettre les efforts dans les bordures de chaussées.

 

Efforts horizontaux sur la pavage

Comme pour une chaussée en enrobés, la couche de roulement est fortement sollicitée par les efforts de freinage ou de giration du trafic.

Si pour les enrobés les cailloux et le bitume doivent être choisis avec soin, pour les chaussées pavés, c’est le calepinage qui permettra une bonne reprise de ces contraintes.

Tous les appareillages connus (queue de paon, écailles, demi écailles, joints décalés, chevrons…) ne sont pas de simples figures architecturales mais bien des solutions pour que chaque pavé transmette ces efforts à ses voisins le plus rapidement possible, et donc en réduise l’importance par la diffusion des contraintes.

exemple-photo2

 

Le schéma ci-contre explique sans doute mieux qu’un long discours ce principe (Extrait de l’ouvrage de l’AITF « Pierre naturelle en voirie urbaine »)

Les flèches jaunes sont proportionnelles à la contrainte dans le pavé et surtout dans son joint.

 

 

 

De la même manière, la technique de pavage des carrefours et autres zones de raccordement doit être traitée avec le plus grand soin.

exemple-photo2

 

 

Exemple d’un raccordement en crémaillère

 

 

Pour ces mêmes raisons, il est préférable de limiter la présence de petits éléments dans le pavage. On préférera donc des boutisses 30x14x14 pour les éléments d’about.

De ces principaux principes dans la technique de pavage, découlent de nombreuses règles : qualité des lits de pose ou des matériaux de jointoiement, importance du drainage des eaux d’interfaces, qualité de la taille (au sens carrier du terme) des pavés…